La routine à la rescousse du cerveau de votre enfant (et du vôtre!)

La routine à la rescousse du cerveau de votre enfant (et du vôtre!)

Certains enfants (et parents!) ont un cerveau très réactif qui les empêche de bien fonctionner. Cela peut mettre tout le monde en état de stress et rendre vos soirées plus difficiles. Que faire pour améliorer la situation? Découvrez des stratégies pour y faire face.

Le stress et le cerveau

Il y a dans notre cerveau une toute petite structure qui s’appelle l’amygdale et dont le rôle est, entre autres, de détecter les dangers afin d’assurer notre survie. 

Très utile face à un mammouth ou un lion des cavernes, de nos jours, elle peut nous rendre la vie difficile si elle s’active pour un oui ou pour un non.  D’autant plus qu’elle est spécialisée dans la détection du moindre changement dans notre environnement, froncement de sourcils et ton de voix inclus.

Oui, vous avez bien lu.  

Chez certaines personnes plus sensibles, le simple fait de voir un changement dans l’expression faciale d’une autre personne (et de percevoir ce changement comme négatif) peut activer leur détecteur de danger et créer une réponse de stress.

Par exemple, imaginez que vous racontiez votre journée à quelqu’un qui fronce les sourcils.  Sans nécessairement provoquer une réponse de stress, votre amygdale aura détecté que quelque chose n’allait pas.

Les superdétecteurs de danger

Si vous possédez une amygdale tout ce qu’il y a de plus typique, cela s’arrêtera probablement là.  Vous continuerez votre récit (ou pas) puis passerez à autre chose.

Par contre, il est possible que votre amygdale soit du type hyper réactif et dans ce cas, vous aurez peut-être hérité d’un superdétecteur de danger.  

Si c’est votre cas, l’histoire ne s’arrêtera pas là.  Après avoir vu votre interlocuteur froncer des sourcils, vous ressentirez des sensations dans votre corps comme de la tension dans votre ventre. De plus, il y a fort à parier que des émotions, comme de la frustration, de la colère ou peut-être de la honte, prendront le chemin de votre cerveau et l’empêcheront de réfléchir.  Votre cerveau sera alors en état de stress.

Lorsque notre cerveau est en état de stress, il n’est pas en mesure de réfléchir adéquatement et cela devient très difficile de trouver une solution ou de régler la situation.

Lorsqu’on se sent stressé, on ressent toutes sortes de choses dans notre corps et notre tête est pleine de pensées et d’émotions.  C’est un état très insécurisant, particulièrement pour un enfant, et cela peut faire naître un cercle vicieux dans lequel l’enfant recherche l’attention de son parent pour se sentir sécurisé. 

Le problème, c’est que souvent, l’enfant recherche de l’attention en produisant des comportements non désirés ou négatifs qui résultent en de l’attention négative de la part de son parent.

Pour en apprendre plus sur le cercle vicieux de l’attention négative, je vous suggère de lire cet article.

Quoi faire quand notre enfant a un superdétecteur de danger dans son cerveau

Quand un enfant a superdétecteur de danger dans son cerveau, il est plus vulnérable au stress et a tendance à réagir excessivement à toutes sortes de situations. 

En ergothérapie, nous rencontrons régulièrement des enfants équipés d’un superdétecteur.  Ils sont souvent très réactifs aux informations sensorielles comme le bruit, le toucher ou les odeurs et montrent de grandes et grosses émotions face à ce qu’ils ressentent dans leur corps.  Ils sont aussi fréquemment agités et opposants.

Le jeune enfant est incapable de freiner seul son détecteur de danger.  Il aura donc besoin de son parent pour le faire avec lui (dans un premier temps) et pour ensuite apprendre à le faire seul lorsque son cerveau sera suffisamment mature.   

Je vous préviens tout de suite, pour arriver à freiner adéquatement une réponse de stress, ça prend un lobe frontal mature.  Celui-ci commence à se développer vers l’âge de 8 ans et atteint sa maturité entre 25 et 29 ans. 

Cela vous laisse donc amplement de temps pour intervenir … et développer votre patience!

Deuxième chose à savoir : pour aider son enfant à freiner sa réponse de stress, le parent doit être calme.  Cela ne fonctionnera pas si vous êtes vous-mêmes en état de stress ou anxieux.

D’où l’importance de prendre d’abord conscience de son propre état et de prendre ensuite une bonne et grande respiration (peut-être même 2 ou 3!) avant d’aider son enfant à se calmer. 

Et comment on fait pour calmer son enfant? 

Ça dépend de votre enfant.   

Chaque enfant étant unique, ce qui marche pour un ne fonctionne pas nécessairement pour tous.  Toutefois, il existe certaines stratégies assez gagnantes à garder en tête.

  • Utiliser une voix calme et des expressions faciales neutres pour s’adresser à votre enfant.
  • Faire bouger votre enfant pour l’aider à faire sortir l’énergie prise dans son corps.
  • Aider votre enfant à mettre des mots sur comment il se sent.
  • Faire un gros câlin, si votre enfant le veut.

« La gestion du stress chez l’enfant passe nécessairement par un contrôle parental. » Sonia Lupien, chercheure en neurosciences.

La prévisibilité à la rescousse du cerveau

Si vous souhaitez diminuer les crises et rendre vos soirées plus faciles, il vous faudra peut-être agir de façon à PRÉVENIR que le cerveau de votre enfant ne réagisse trop intensément.  Comme ça, vous aurez du temps pour faire autre chose que passer votre soirée à calmer son cerveau hyper réactif.

Plusieurs études ont démontré que lorsque les parents agissent de manière à diminuer la nouveauté et augmenter la prévisibilité chez leur enfant, ils peuvent augmenter le sens du contrôle chez ce dernier, et par extension diminuer son stress.

L’un des principaux bénéfices des routines est justement l’augmentation de la prévisibilité. 

Quand votre enfant sait à quoi s’attendre, cela l’aide à freiner son détecteur de danger et ses réactions de stress.  C’est donc plus facile pour son cerveau d’entendre les consignes et de les respecter et ainsi faire ce qu’on lui demande, quand on lui demande.

Comment la routine peut vous aider à accompagner notre enfant

Quand une réponse de stress est présente, la recherche a démontré que nos comportements changent.  Ils changent car ils sont hautement liés à nos émotions.  Nos émotions ont donc le pouvoir de changer notre façon d’agir mais aussi d’influencer nos capacités motrices et sensorielles. 

Pensez par exemple comme il est plus difficile d’apprendre à faire du vélo quand on a peur de tomber ou à quel point on peut être beaucoup plus dérangé par les bruits après une journée de travail.

La routine, grâce à son aspect prévisible, permet donc de diminuer le niveau de stress, d’augmenter le sentiment de sécurité et d’améliorer le fonctionnement de l’enfant.

Mais il n’y a pas que la prévisibilité de la routine qui aidera votre enfant. 

La recherche a démontré qu’il existe 4 ingrédients universels qui produisent une réponse de stress.  Ce sont :

  • L’imprévisibilité (maintenant on le sait!)
  • La nouveauté
  • La menace à l’égo ou le fait de se sentir incapable ou de douter de nous.
  • Le faible contrôle

En agissant pour diminuer ces 4 ingrédients, vous aiderez également votre enfant à mieux fonctionner dans ses activités quotidiennes.

Comment agir concrètement pour diminuer les ingrédients du stress

En thérapie, lorsque je rencontre un enfant qui présente des difficultés à participer aux activités que je lui propose, je cherche d’abord à intervenir sur ces 4 ingrédients.

La première chose que je fais (j’espère que vous vous en douterez), c’est de mettre en place une routine.

Je m’assure de rendre la rencontre la plus prévisible possible et de bien clarifier les règles et les attentes.  J’AUGMENTE LA PRÉVISIBILITÉ.

Je répète la même séquence d’activités rencontre après rencontre en y apportant juste assez de changement pour permettre une progression dans des activités connues. JE DIMINUE LA NOUVEAUTÉ.

J’ajuste mes activités et mes attentes pour que le défi soit réaliste afin que l’enfant vive le plus de réussites possibles et je souligne ses efforts.  JE L’AIDE À SE SENTIR CAPABLE.

Finalement, je lui laisse la possibilité de faire des choix le plus souvent possible et je l’aide à le dire lorsqu’il rencontre une difficulté ou qu’il n’a pas envie de faire l’activité afin que l’on puisse trouver une solution.  JE LUI DONNE DU CONTRÔLE.

En mettant en place une routine, j’interviens donc pour diminuer sa réponse de stress et permettre à son cerveau de mieux fonctionner. 

Et ça, en tant qu’ergothérapeute, c’est toujours mon intervention prioritaire: permettre au cerveau de mieux fonctionner.  Et aider les parents à apprendre à accompagner leurs enfants.

Quelque chose vous inspire jusqu’à maintenant?  Vous avez une idée de ce que vous pourriez faire différemment et qui aiderait votre enfant à mieux fonctionner?

Pourquoi s’occuper du stress de l’enfant

Lorsque la réponse de stress est diminuée, l’enfant est davantage capable d’utiliser son cerveau efficacement.

En effet, lorsqu’on est moins stressé, on se sent plus calme et on réfléchit mieux.  On est davantage capable de porter attention à ce qu’on nous dit, de parler, d’apprendre, et d’ajuster nos comportements. 

Lorsque notre enfant est moins stressé, c’est plus facile de l’aider à se calmer lorsqu’il ressent une émotion et à résoudre les problèmes qu’il rencontre.

Les routines ont donc un impact positif sur le développement global de votre enfant, tant sur le plan affectif que sur la régulation des émotions et de l’adaptation de ses comportements.

Pour aller plus loin

Si le sujet du stress vous intéresse, je vous invite à visiter l’excellent site web du Centre d’études sur le stress humain dirigé par Dre Sonia Lupien, chercheure en neurosciences et grande vulgarisatrice.  Ses travaux de recherche portent principalement sur les effets du stress au cours de la vie.

Vous pouvez également consulter ses livres:

Conclusion

Les routines jouent un rôle important dans le climat familial, le développement de l’enfant et le niveau de satisfaction des parents face à leur rôle de parent.

Elles contribuent à augmenter la prévisibilité, le sentiment de contrôle et la confiance en soi, des éléments importants qui permettent de diminuer le niveau de stress de tout le monde.  En se sentant plus détendu, vos soirées seront plus agréables.

Sans oublier les comportements de l’enfant qui s’amélioreront.

Vous connaissez quelqu’un qui vit des difficultés avec son ou ses enfants? N’hésitez pas à lui partager ce contenu.

Et l’ergothérapie dans tout ça

L’ergothérapeute, par son intervention, soutient et stimule les capacités de l’enfant à s’engager dans ses activités et à y participer d’une façon qui soit satisfaisante pour lui et sa famille tout en favorisant le développement de son potentiel.

Sans engagement ou sans participation dans les activités propres à son âge, l’enfant se voit privé d’opportunités de faire les apprentissages nécessaires à son développement.  L’opposition, l’agitation ou l’évitement produisent le même résultat lorsque le problème est chronique, c’est-à-dire de priver l’enfant d’opportunités d’apprendre et de se développer.

Les difficultés de comportement coexistent fréquemment avec les difficultés de développement.  Dans les deux cas, il est important de supporter le système nerveux de l’enfant et de l’aider à le réorganiser avec des stratégies adaptées à ses besoins. 

L’intervention de l’ergothérapeute permet donc d’augmenter la disponibilité et la réceptivité de l’enfant et d’amener un sentiment de sécurité qui favorisera l’engagement dans ses activités et l’apprentissage des comportements et des capacités attendus.

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